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Tibet

Récit du Tibet... déjà plusieurs jours que je traine les pieds à l’hôpital de Chengdu, sans me décider à entreprendre cette longue rédaction. Aller c’est parti :

Kashgar : il nous a semblé que jamais nous n’arriverons à partir de cette ville, préparatifs a rallonge puis gros gros coup de moins bien qui nous obligera tous les 2 à passer une journée à l’hôpital. Nous parvenons néanmoins après 6 jours et demi passe sur place à nous arracher de notre chambre d’hôtel et à reprendre la route, celle qui mène au Tibet. Les premiers 250 km, traversant le désert du Talkamakam, sont une facile mise en bouche : c’est plat, c’est goudronné, c’est peuplé, c est chaud (parfois un peu trop), c’est bas en altitude, 5 ingrédients qui feront cruellement défaut plus tard.

Lentement le relief réapparait, la route monte et le bitume disparait laissant place a une piste sur laquelle nous bataillons sans fin, chaque kilomètre est un combat et il y a en 1700 a effectué dans ces conditions. J’ai très vite le moral dans les chaussettes, je me souviens de l’enfer des centaines de km de piste effectués en Amérique du Sud mais Toni est davantage déterminée que moi, et, le premier col passe, (un nain de 3300m) je reprends confiance et foi dans cette traversée du Tibet. Très rapidement néanmoins nous attend un gros morceau, un col à 4900m. Au matin, il pleut, il neige, il vente mais après plusieurs heures d’effort et malgré notre manque d’acclimatation nous atteignons le sommet du col, et plongeons dans la descente pour récupérer un peu plus d’oxygène. Nous avons le sentiment d’avoir réalisé un exploit, mais au Tibet cet exploit est d’une navrante banalité, car c’est plus d’une 15aine de col dépassant l’altitude du Mt Blanc qu’il nous faudra franchir.

Ce col marque notre entrée sur les hautes terres Himalayennes. Nous pédalons au milieu d’innombrables montagnes, remontons d’immenses vallées avant d’atteindre le plateau Aksai Chin : pratiquement constamment au-delà de 5000m d’altitude, la route qui le traverse est considérée comme la plus haute du monde. Mais quelle expérience unique : sur ce haut plateau balayé par les vents, ou l’air est si rare, le ciel est si pur, le souffle est si court, on se sent tout simplement plus près du cosmos. Nous roulons souvent tard pour profiter de l’exceptionnelle lumière du soir Tibétain.

Nous sortons éreintés de ces 3 journées passes au dessus de 5000m, au milieu de ces lacs et de ces montagnes aux couleurs uniques et continuons la route vers le lac Pangon tso, grand comme une mer, puis nous retouchons le goudron à nouveau. Apres tous ces km de piste la jubilation de rouler à nouveau sur du bitume est indescriptible. Malheureusement, comme pour gâcher notre plaisir, un violent et incessant vent de face rendra pénible ces km menant à Ali, l’une des rares grandes villes que compte le Tibet.

En effet le haut plateau Himalayen est pour grande partie vide de toute présence humaine, il ne nous est pas rare de devoir porter 3 jours de nourriture entre 2 points de ravitaillement, car hormis quelques bergers-nomades (au demeurant très gentils), personne ne vit dans ces lieux au climat si rude. Nous sommes en plein été mais il fait souvent 2 ou 3 degrés le matin dans la tente et il n’est pas rare de prendre une averse de neige, je vous laisse imaginer ce que cela peut donner en hiver... L’une des populations les plus importante en cette période de l’année est en vérité celle des cyclistes, et nous ferons plusieurs jours en compagnie de Karlo, Primoz et Jordi. La cacophonie linguistique est on ne peut plus totale puisque nous devons parler 6 langues (allemand, anglais, espagnol, francais, italien et slovene!) pour pouvoir communiquer tous les 5 ensemble.

Nous quittons rapidement Ali pour nous rendre au Mont Kailash, la montagne sacrée la plus vénérée de toute l’Asie, car les Hindous et les Boudhistes la considèrent comme étant le centre de l’Univers, aussi depuis des siècles les pèlerins en effectuent le tour. Nous faisons de même pendant 2 jours, et cette montagne, outre son aspect légendaire et sacré, se révélera être également un sommet unique quant à sa forme et sa beauté. La Kora (le tour) est jalonnée de monastères et d’innombrables drapeaux de prière, de chartens, de tablettes de pierre et de cornes de yak gravées de saintes écritures. Les pèlerins, venues du monde entier, tourne autour de la montagne et se prosternent en divers endroits pour compléter leur acte de foi et leurs prières.

Le goudron nous a déjà quitté lorsque nous reprenons la route le long du lac Manasarovar, nous offrant des paysages exceptionnels avec ces eaux dominées par les hauts sommets et les glaciers.

Nous parcourons ensuite des paysages moins spectaculaires et assez similaires à ceux déjà effectués avant l’Aksai Chin et lentement l’idée de prendre un camion fait son chemin dans nos têtes car nous souhaitons faire le détour par les camps de base des 3 8000m du coin (Shishapangma, Cho Oyu et Everest) Nous manquons cruellement de temps pour tout faire à vélo car Guillaume arrive à Bangkok le 13 Novembre, il nous faudra prendre un transport quelque part. Nous arrêtons donc le premier camion qui accepte de nous emmener jusqu’au point de contrôle. En effet l’auto stop est interdit au Tibet et les chauffeurs risquent de grosses amendes en prenant des étrangers. Si bien que le lendemain, malgré le poste de contrôle passé, personne ne voudra nous prendre et nous devrons faire les km jusqu’au point de contrôle suivant à vélo avant qu’un nouveau camion accepte de nous amener jusqu’a Saga.

Nous quittons alors la route qui mène à Lhassa et traversons le Bramaputre pour aller au camp de base du Shishapangma. Les sommets et les glaciers surgissent sans transition du plateau et le Shishapangma, longtemps dans les nuages, se découvrira au moment même où nous arrivons au camp de base, nous offrant sa silhouette massive et la pureté de ces glaces.

Nous rejoignons ensuite la route de l’amitié, qui relie Lhassa à Kathmandou et avons la surprise de voir toute la vallée couverte de zampa, une céréale proche de l’orge et cultivée au Tibet, jalonnée de petits villages. Le désert humain est finit. Une autre population est aussi massivement apparut : les touristes. Et il semble que leur présence ait malheureusement déréglée le comportement des locaux : les Tibétains, auparavant si gentils, si respectueux, si avenants ne voient a présent en nous que d’imbéciles distributeurs de billets. Si je ne conteste pas le fait que nous sommes incontestablement beaucoup plus riches qu’eux, je trouve navrant que le contact se résume à une mendicité casi systématique, le rapport humain ne se limite pas à mon sens à la quantité d’argent qu’untel possède par rapport à un autre, les nomades du Tibet occidental nous en ont apporté la plus belle preuve, ce n’est pas le cas des habitants de la route de l’amitié. Malgré tout nous apprécions ces km de bonne piste (cad qu’on peut y rouler à plus de 10km à l’heure sur le plat) et les massifs de l’Everest et du Cho Oyu se rapprochent inexorablement.

Nous quittons la route de l’amitié pour le camp de base du Cho Oyu, mais malheureusement le temps est redevenu nuageux. Nous restons néanmoins 2 jours sous la pluie au camp de base avant de nous rendre à l’évidence : nous n’avons plus de nourriture ni de patience, il nous faut donc redescendre. Le ravito assuré nous partons pour le camp de base de l’Everest en campant la ou les routes pour le Cho Oyu et l’Everest se séparent, des fois que...

Et en effet le lendemain, grand beau, nous pouvons enfin admirer le Cho Oyu même si c’est une autre montagne avec son impressionnante face glacière, plus à l’Est, qui retiendra toute mon attention. Le paysage est absolument splendide et les glaciers, scintillant sous le soleil, font oublier l’aspect abject et défoncé de la piste. Nous sommes à ce moment la bien loin de nous imaginer que ce sera notre dernière journée de vélo avant bien longtemps.

Alors que nous arrivons aux abords du camp de base, Toni commence à se sentir mal, la nuit nous surprend et nous dormons sous un pont, Toni est prise de tremblements, d’une toux violente et d’une forte fièvre, mais je n’y accorde pas plus d’importances, me disant que tout rentrera dans l’ordre rapidement. Le lendemain, Toni est toujours aussi mal mais nous plions rapidement bagage pour ne pas laisser s’échapper l’Everest dans les nuages. Il surgit enfin au détour d’un virage, nous roulons encore un peu et déjeunons en regardant la face nord de l’Everest. Si ce n’est pas la plus belle montagne que je n’ai jamais vu, c’est en tout cas la plus haute, et j’ai regardé pendant tant d’années ce poster de l’Everest dans ma chambre pour ne pas afficher une grande satisfaction. Malheureusement l’état de sante de Toni se dégradera dramatiquement par la suite. Elle qui affichait une si belle forme ressemble à présent davantage a un cadavre ambulant, la fièvre n’arrête pas de monter, fleuretant avec les 41 degrés, elle se sent prise d’une très grande fatigue, son visage à gonflé de manière préoccupante et des migraines la torturent en permanence.

Nous quittons donc le camp de base en camion, avalons les 90 derniers de piste et retouchons le bitume. Ce bitume s’étale à présent sur plusieurs milliers de km jusqu’ a Singapour, ce bitume auquel nous avions tant rêvé, qui devait être celui de la libération, de la jouissance, nous le parcourons en camion, mais nos préoccupations sont tout autres. Il nous faut gagner Shigatse pour aller à l’hôpital, car Toni est au plus mal. Nous y parvenons après un interminable trajet en camion.

Malheureusement à Shigatse, les 2 hôpitaux se révéleront moisis, le premier, après 3 perfusions, renvoi Toni à l’hôtel avec 40 de fièvre. Le second, après 3 jours de perfusions, de tests, et d’examinassions, se déclare incompétent et incapable de trouver ce qu’elle a et nous envoi sur Lhassa, Toni ne va guère mieux mais serre les dents pour effectuer ce trajet en bus. A Lhassa, vu notre expérience des hôpitaux chinois, nous temporisons, allons a l’hôtel et demandons conseils en Allemagne. Un ami médecin diagnostique une mononucléose et nous exhorte de quitter le plateau tibétain car, étant donné l’état de fatigue, l’œdème pulmonaire n’est pas à exclure. Je téléphone donc à l’assurance, puis tout va très vite. L’assurance décide de nous évacuer. Les vélos sur le toit de l’ambulance, nous nous rendons à l’aéroport de Lhassa et 2h de vol plus tard nous voici à Chengdu. Toni aura a peine aperçut le Potala depuis la fenêtre de l’ambulance, j’aurais quant a moi fait un tour rapide du moignon du Lhassa historique, le reste de la ville étant complètement défigurée par les nouvelles constructions chinoises.

Le vol lui aura été très beau, malgré quelques nuages cachant une partie du panorama. On ne peut tout simplement pas s’imaginer la quantité de montagnes et de glaciers qui existent au Tibet, c’est gigantissime et l’homme semble bien discret dans ce monde minérale, il existe a n’en point douter des centaines de vallées encore inexplorées, des milliers de sommets vierges. Dans cette période de grand saccage écologique, cela rassure de savoir qu’il existe malgré tout des lieux comme ceux ci sur Terre.

A Chengdu, après nos quelques centaines de kilos de CO2 largués dans l’atmosphère, une nouvelle ambulance nous attend. Pas de galerie sur le toit, qu’à cela ne tienne, les vélos iront dans l’ambulance!!! On nous débarque à l’hôpital, propre et moderne, et la danse des tests et des perfusions recommence, bien que nous ayons suggérés à nos amis chinois des notre arrivée qu’il s’agissait sans doute d’une mononucléose et qu’il pourrait être opportun de faire un test plutôt que de distribuer des médicaments à l’aveugle. Mais non, eux n’y croient pas, et ils nous proposeront même de faire une ponction de moelle osseuse!!! Ce cinéma dure 4 jours jusqu'à ce qu’un professeur de l’Université arrive, ausculte 5 minutes Toni, puis déclare qu’il s agit d’une mononucléose et ordonne de faire le test. Les médecins du service s’exécutent alors et nous annoncent le lendemain "vous souffrez d’une mononucléose"

Ils voulaient à nouveau bourrer Toni de medocs mais nous avons refusé, argan qu’elle souhaitait récupérer naturellement, et depuis qu’elle ne reçoit plus aucun traitement, elle va beaucoup mieux (plus de migraine et peu de fièvre, en revanche la fatigue n’a pas disparut) et devrait sortir bientôt de l’hosto.

Ensuite 2 options sont possibles : rapatriement en Allemagne pour qu’elle finisse de récupérer, ou bien 2 mois de branlage de mammouth à la plage en Thaïlande après un transfert Chengdu Phuket en avion.

Voila pour les nouvelles, allez aussi jeter un coup d’œil aux photos, il y a en pour sur des belles, mais je doute que l’on retrouve l’exceptionnelle sensation d’espace que l’on ressent au Tibet en regardant ces paysages enfermés dans un format 11*15.



Vos commentaires :
15/10/2007 : Ulrich
Comme disait l'autre "l'aventure, c'est l'aventure" avec vous !
Bon, visiblement le plus dur est passé, je vous souhaite donc un bon rétablissement à coup de bonnes nouilles bien chaudes.

N'oublie pas les paroles d'un grand sage comme moi : quelque soit la tournure que ton voyage prendra, l'aventure elle se passe dans ta tête, pas sur le chemin que tu suis. On ne contrôle pas tout dans la vie, et tant mieux (ou pas, ça dépend de qui parle).
Fais un gros gros bisous à ta schtroumpfette de ma part !
a+

ps : et je te rassure, tes photos sont "pas mal" quand même.
15/10/2007 : Benj
De tout coeur avec vous, comme depuis le début... avec un bon rétablissement ! Ces pays continue toujours à me faire rêver, sans doute comme les trois quart de vos lecteurs !
Bon courage pour les passes difficiels... et bonne bourre quand le moral est bien haut ! Saludos, compadres.

15/10/2007 : Joel
Gute Besserung Toni! Merci Elie pour le récit et les photos. Salutations helvétiques, Joël
15/10/2007 : luc et marie, les parisiens
MERRRRRRRRCI de nous faire partager toutes vos aventures.........vraiment de tout coeur avec vous ; très bons rétablissements, et plein de gros bisous des parisiens qui tentent de vous suivre à distance...marie et luc, de la famille d'Andrès.
15/10/2007 : Anna & Christian
Alors là , c' est le grand reportage en direct live ! J' espère qu' à ce jour (15-10)Toni est vraiment en progrès sur la voie du rétablissement - nous l' embrassons fort. Ne cessons d' être sincèrement émus par votre récit , ainsi que par vos photos. Pour les néophytes que nous sommes - heureusement doués d' imagination - quel voyage vous nous faites faire!, que d' émotions, même en 11*15 ! Que de difficultés surmontées - les tracasseries des hopitaux Chinois n' étant visiblement pas moindres que les pistes défoncées en altitude... Est-ce que le petit panneau solaire fonctionne encore ?, a t' il aussi bien résisté aux 5500m que vous ? ... Prenez soin de vous , bon courage pour la suite de votre périple et merci encore de nous le faire partager.
19/10/2007 : jeff
Salut à vous deux, bon courage pour affronter ce pépin, je vous suis passionnément depuis le début et vous souhaite encore plein de belles choses
Jean-François (le gapençais)
21/10/2007 :
je viens de lire vos dernières nouvelles, les photos sont magnifiques, la vie est dur pour vous avec cet accident de santé pour TONI, mais l'aventure est malgré tout merveilleuse. MARCEL ET MARIE RENEE souhaitent à TONI un bon rétablissement et une bonne suite à votre tour du monde
pour tous les deux.
24/10/2007 : Manu
On vient de lire avec Isa et Boris les "news" du Tibet: on souhaite à Klein Toni de se remettre vite et bien, elle a dû en baver. Bravo pour cette traversée du plateau tibétain où l'homme semble juste toléré tellement cela semble rude à travers votre récit et vos photos.
Des grosses bises à vous deux et après le Tibet, profitez un peu de la chaleur de l'Asie du Sud-Est
24/10/2007 : Genetruc
Bon j'ai appris par le téléphone arabe que vous êtes en Allemagne chez les parents de Toni. ça doit quand même faire drôle à Elie de se retrouver en Europe après tant de temps en Asie.
Il semblerait qu'après vous reprendriez la route, peut-être dans l'autre sens sinon l'année prochaine vous serez tout juste au Tibet à la même date et c'est pas sûr que votre pote vous attende à Bangkok pendant tout ce temps.
Je souhaite surtout un bon rétablissement à Toni et j'espère qu'Elie fera un peu attention à elle pendant le reste du périple...
En tout cas les photos du Tibet sont super mais on sent bien que la vie des gens là-bas est rude, ça doit un peut faire drôle d'être un touriste avec tout l'attirail de survie au milieu de toute cette rudesse...
On doit aussi comprendre que l'homme est bien peu de chose au milieu de ses sommets, de ce froid...

Bises à tous les deux et aussi à Nicki et Violla nos aides boulangères.

Les Truc Sarret
30/10/2007 : Isabell
Liebe Toni,

ich verfolge von Anbeginn Dein Reiseabenteuer. War ja selbst mal 14 Monate in Asien unterwegs (dieses Jahr für 10 Wochen mit dem Rucksack im indischen Himalaya zur Grenze Tibet. Die Route - Karakorum Highway - nach China bin ich erst 2005 mit dem Jeep gefahren - mit dem Rad eine Meisterleistung!! Ich wünsche Dir gute
Besserung, komme bald wieder "auf die Beine".
(wer ich bin? Sagt Dir "dies & das" in Traunstein etwas?)
Alles Liebe
Ischi

13/03/2008 : lavache
Profite des deux mois à la plage pour apprendre l'orthographe !
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Quelle est la troisième lettre de l'alphabet? Was ist der dritte Buchstabe des Alphabets? Cual es la tercera letra del alfabeto? What is the third letter of the alphabet?
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