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Albanie

Après les formalités du visa et le petit travail de traduction, le douanier albanais me dit de rouler jusqu’a la prochaine ville sans m’arrêter et d’aller a l’hôtel, car c’est trop dangereux par ici. Il va finir par me mettre les boules ce con la! Il fait nuit a présent et il pleut toujours, j’essaie de garder le moral tant bien que mal. Je m’arrête dans la première maison où il y a de la lumière, en sortent 2 femmes qui ne parlent qu’albanais, je finis par comprendre que je dois attendre le retour du mari. Il arrive bientôt (en Merco Benz bien sur) et m’invite immédiatement a manger et a dormir chez lui, je gagne! La situation pourrait sembler grotesque car nous ne parlons aucune langue commune, c’est donc avec les pieds et les mains que nous communiquons... mais après beaucoup d’efforts nous finissons toujours par nous comprendre. Petro et Lena ont 4 enfants qui sont tous a l’étranger, c’est la le destin de presque tous les jeunes albanais. Il y a 4 millions d’albanais sur terre, un million vie hors d’Albanie. Lena plaint beaucoup ma pauvre mère, il faut dire qu’en terne de séparation, elle s’y connaît : son dernier vit clandestinement en Albanie et n’est pas retourne chez ses parents depuis 5 ans. Le lendemain, après le petit déjeuner local : une petit tasse de café très fort et 2 verre de raki, (la gnole locale) je reprends la route.

Et quelle route, je n’ai pas de carte de l Albanie donc je suis la route qui traverse le pays du nord au sud, c’est l’une des seules routes "praticable" du pays, elle passe par tous les états :
autoroute qu’emprunte les vaches, les 40 tonnes, les chevaux, les charrettes, les poules, les Merco Benz, les piétons et les cyclistes comme moi, nationale avec bande "véhicules lents" (très appréciée), route défoncée et boueuse ou je m’en met jusque derrière les oreilles.

L’Albanie reste pour moi un pays hallucinant, bien que je ne sois jamais allé en Inde, je dirais que c est l’Inde en Europe, la mafia et les trafics en plus. Tout y est sale, chaotique, désorganisé. Je n’ai vu aucune poste, aucun hôpital, aucune poubelle. Les bords des routes sont donc de vastes dépotoirs, une sorte de longue décharge a ciel ouvert. Ici ne roulent presque que des Mercedes, de la plus nouvelle a la plus délabrée, mais Merco Benz dans tous les cas. La campagne albanaise est lépreuse, les ronces et les ordures envahissant tout. L’agriculture est des plus gueunillantes, les bergers gardent des troupeaux de dindons, il semble qu ici les gens ne travaillent pas pour subsister a eux même mais pour s’occuper, les vieux attendent l’argent de la diaspora et les jeunes espèrent tous quitter cette terre maudite. Aucune construction n’est achevée, les fers a béton sont des bâtiments dans l’attente d une reprise des travaux. L’industrie est inexistante, bref le dépaysement est total, a cote l’Ex-Yougoslavie semble être un paradis. Seules les montagnes, vides de toute présence humaine, semblent avoir échapper au chaos ambiant.

Mais si je dresse un portrait noir de la réalité albanaise, je dois également dire que c’est de loin le pays ou j’aurais été le mieux accueillit. Je quitte l’autoroute lorsque la nuit arrive et me retrouve dans un lotissement boueux, j’accoste 3 jeunes, l’un d eux parlent un peu italien, pas de problème pour camper, mais il me dis de venir au bar avant de monter la tente. Arrive Arturo qui parle bien italien et traduit pour les 7, 8 jeunes qui sont la. Ils fument tous une quantité hallucinante de clopes, peut être 10 par heure! Tous veulent partir travailler ailleurs, d’ailleurs tous leurs grands frères sont déjà partis, la tenancière du bar a ses 6 frères en Italie, Arturo a les 3 siens en Angleterre. Ce soir non plus je ne dors pas dehors, Albert m’invite chez lui. Je lui demande pourquoi il y a ces milliers de bunkers dans la campagne albanaise. Il m’explique avec un sourire amer qu’Enver Hoxha, le dictateur communiste, dans sa folie, a fait construire ces milliers de bunkers, et il ajoute que si tout ce béton avait été utilisé pour les rues de Tirana, elles seraient plus belles que celles de Paris. Je veux bien le croire.

Je continue ma route qui lentement s’élève dans les montagnes du sud. Il y a un peu de pétrole dans le coin, d’ou plus de petits puits, pour la plupart hors service, mais certains continuent a extraire un goudron noirâtre, qui mal collecté va se rependre dans les rivières et dans les lacs. Je m’arrête dans un petit village, les habitants m’apportent du bois pour faire un feu et les gamins viennent se réchauffer autour des flammes avec moi, 2 d’entres eux me parlent maladroitement avec le français, l’anglais et l’italien qu’ils ont appris a l’école, puis ils se dispersent comme une volée de moineaux.

Le dernier soir, je m’arrête chez Sofia, elle parle grec et albanais et moi toujours rien a par "falemenderit", mais une fois encore nous arrivons a nous comprendre, elle me prend pour un marteau mais est bonne pour moi, m’amène du bois, des fruits, des beignets, de la gnole.

L’Albanie reste de loin le pays le plus intéressant que j ai visite jusqu’a présent, je ne m’attendais pas a un tel dépaysement en Europe et malgré tous ses travers, c’est un pays très attachant. Mon arrivée en Grèce sonne comme un retour a la vie normale.



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